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Everyfolio

Mécanismes de marché

Risque propre et risque du marché

Par Keven Roberge, Everyfolio

Mis à jour le 2026-10-15

Lu par une voix de synthèse — la lecture continue écran éteint.
≈ 96 min d’écoute, un article après l’autre.

Le cours d’un titre bouge pour deux familles de raisons. Les unes ne concernent que l’entreprise : un contrat perdu, une usine arrêtée, un produit qui marche mieux que prévu. Les autres concernent tout le marché à la fois : un taux qui monte, une récession qui s’annonce, une peur qui gagne tous les titres le même jour. La première famille est le risque propre à l’entreprise ; la seconde, le risque du marché. Cette distinction est le mécanisme derrière la diversification, mécaniquement : elle dit ce que la diversification peut faire, et ce qu’elle ne peut pas.

Deux risques dans un seul mouvement

On ne voit jamais les deux séparément. Un jour où le titre perd 3 %, le chiffre est unique ; mais si le marché entier a perdu 2 % ce jour-là, une part du recul vient de là — le titre a suivi le marché — et le reste, 1 %, lui est propre : quelque chose qui n’est arrivé qu’à lui. Le lendemain, le marché est plat et le titre gagne 4 % sur un résultat trimestriel : tout est propre. Un mouvement se lit donc en deux parts, dont la première est commune à tous les titres et la seconde ne l’est à aucun.

Ce que la diversification efface, et ce qu’elle laisse

Les risques propres de deux entreprises différentes n’ont pas de raison de tomber le même jour : l’usine arrêtée de l’une ne dit rien du contrat perdu de l’autre. Quand on détient plusieurs titres peu corrélés, ces mouvements propres se compensent en partie — l’un recule quand l’autre avance — et leur somme s’affaiblit à mesure que les titres s’ajoutent. C’est exactement ce que l’article sur la diversification montre avec deux paniers.

Le risque du marché, lui, est commun à tous les titres : quand le marché perd 10 %, il n’y a pas de titre « d’à côté » qui gagne 10 % pour compenser. Ajouter des titres ne le dilue pas, parce que chacun en porte sa part. Un portefeuille très diversifié — un FNB indiciel, par exemple — ne porte plus guère que ce risque-là. Il est ce qui reste quand tout le reste a été effacé : le prix d’être investi, plutôt qu’en dehors.

Pourquoi un titre suit le marché plus ou moins

Tous les titres ne suivent pas le marché avec la même ampleur. Certains amplifient ses mouvements — leurs ventes montent et descendent avec l’économie ; d’autres les amortissent — leurs clients consomment la même chose en bonne comme en mauvaise année. Cette sensibilité se mesure sur l’historique : elle décrit une habitude du passé, pas une loi, et elle peut changer. Everyfolio ne la calcule pas, et il ne sépare pas, dans une position, la part du marché de la part propre.

Un exemple chiffré neutre

Deux titres fictifs, A et B, qui suivent le marché à l’identique, et un portefeuille réparti à parts égales.

  1. Année 1 : le marché recule de 10 %. A perd 14 % (le marché, −10 %, et une déception propre, −4 %). B perd 6 % (le marché, −10 %, et une bonne nouvelle propre, +4 %). Le portefeuille : (−14 % − 6 %) ÷ 2 = −10 % — exactement le marché.
  2. Année 2 : le marché gagne 8 %. A gagne 3 % (+8 % et −5 % propre) ; B gagne 13 % (+8 % et +5 % propre). Le portefeuille : (3 % + 13 %) ÷ 2 = +8 % — encore le marché.
  3. Dans cet exemple, les parts propres sont choisies opposées : elles s’annulent et il ne reste que le marché. Dans la réalité, elles ne s’annulent qu’en partie, et moins il y a de titres, moins elles s’annulent ; la part du marché, elle, ne s’annule jamais.

Figure · Risque propre et risque du marché

Exemple fictif

Le marché, puis l’entreprise

La journée
Laboratoires Macareux · MKRXEntreprise fictive · médicaments génériques
Une journée fictive
Variation de l’action
−0,5 %
Dont l’entreprise seule
+0,5 %

La part du marché est la même pour toutes les actions ce jour-là. L’autre part dépend de l’entreprise seule. C’est celle-là que détenir plusieurs entreprises réduit en partie.

Exemple fictif : un jour où tout le marché baisse de 1 %. Un jour ordinaire, l’action baisse de 0,5 %. Un jour d’annonce, elle baisse de 7 % : seule la part qui tient à l’entreprise a changé.

Ce que ça change pour votre suivi

Les cours ne sont pas encore affichés dans l’app ; ils le seront au lancement.

Everyfolio ne sépare pas les deux risques et ne mesure pas la sensibilité d’un titre au marché. Il montre, ligne par ligne, la colonne allocation — la part de chaque position dans le portefeuille — donc combien un risque propre peut coûter au total. Les deux risques, eux, se reconnaissent sur les cours : quand tout recule le même jour, c’est le marché ; quand un seul titre recule alors que les autres tiennent, c’est un risque propre. Aucune des deux lectures n’est un jugement, ni une prévision.

Défi : vérifier ma compréhension

Quatre questions attendent derrière un compte : elles vérifient ce que vous avez compris, et l’état reste d’une visite à l’autre.

Sources

  • Harry Markowitz, « Portfolio Selection », The Journal of Finance, 1952 — la diversification réduit le risque propre, pas le risque commun à tous les titres.
  • William F. Sharpe, « Capital Asset Prices: A Theory of Market Equilibrium under Conditions of Risk », The Journal of Finance, 1964 — la part du mouvement d’un titre qui suit le marché.
Contenu informatif et général — pas un conseil personnalisé. Pour votre situation : votre institution ou un conseiller.

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