« Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier » est le plus vieux conseil de la finance — mais c’est aussi, derrière l’adage, un mécanisme précis. Cet article décrit ce mécanisme, en chiffres et sur des titres fictifs. Il ne dit pas combien de paniers il vous faut : il montre ce que les paniers font.
La corrélation — le mot qui décide de tout
Deux titres sont corrélés quand ils tendent à bouger ensemble ; ils sont peu corrélés quand leurs mouvements sont largement indépendants. C’est la corrélation, et non le nombre de titres, qui fait le travail :
- détenir dix titres qui montent et descendent ensemble, c’est détenir dix fois le même risque — l’adage est respecté à la lettre et trahi en substance ;
- détenir deux titres dont les hauts et les bas ne coïncident pas, c’est déjà lisser quelque chose : quand l’un recule, l’autre ne recule pas forcément au même moment.
La diversification réduit le risque spécifique — celui propre à une entreprise. Elle ne fait normalement rien contre le risque de marché : quand tout baisse ensemble, les paniers baissent ensemble.
La concentration — l’autre face
La concentration est le miroir : plus une position pèse lourd, plus le sort du portefeuille dépend d’un seul événement. Une position de 50 % qui perd 40 % coûte 20 % au portefeuille entier ; la même perte sur une position de 5 % en coûte 2 %. L’arithmétique est brutale et symétrique — la concentration amplifie aussi les réussites. C’est un fait de structure, pas un jugement.
Un exemple chiffré neutre
Deux portefeuilles fictifs de 10 000 $, deux titres chacun. Le titre A perd 30 % une année ; le titre B, peu corrélé, gagne 6 %.
- Concentré : 90 % en A, 10 % en B. Résultat : (9 000 × −30 %) + (1 000 × +6 %) = −2 640 $, soit −26,4 %.
- Réparti : 50 % en A, 50 % en B. Résultat : (5 000 × −30 %) + (5 000 × +6 %) = −1 200 $, soit −12,0 %.
- Même marché, mêmes titres : seule la répartition diffère, et l’écart est de 14,4 points. Si A avait gagné 30 %, l’ordre serait inversé — le portefeuille concentré aurait gagné davantage.
La diversification n’a rien « prédit » : elle a réduit la dépendance au sort d’un seul titre, dans les deux sens.
Ce que ça change pour votre suivi
La colonne allocation d’Everyfolio (le poids de chaque position, en %) est la donnée brute de la concentration : elle montre qui pèse quoi. L’app décrit cette répartition — la corrélation entre vos titres, elle, ne se voit pas dans un tableau de positions, et aucun niveau de répartition n’y est suggéré.
Contenu informatif et général — pas un conseil personnalisé. Pour votre situation : votre institution ou un conseiller.